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Psychologie


Equithérapie

L'équithérapie (ou hippothérapie) est le soin par les chevaux.


Historique

Au XVIIIième siècle, les Anglais utilisaient des animaux domestiques à des fins thérapeutiques, et Diderot publia un article dans l'Encyclopédie intitulé "De l'équitation et de ses conséquences pour se maintenir en bonne santé et pour la recouvrer".
Cette pratique a été relancée en 1950, par le psychiatre américain Boris Levinson, et continue de se développer actuellement.


Tâches et Activités

Une thérapie équestre est effectuée souvent à la demande des parents, mais peut être aussi demandée par la personne elle-même, les médecins, l'équipe éducative, ... Le thérapeute doit donc rassurer les parents par sa présence et ses interventions. Il doit être neutre et bienveillant et intervenir dans un cadre bien défini.
L'équithérapeute conduit la séance, il est le point de référence et de stabilité. Dans le cas où les groupes sont amenés par des institutions, il collabore avec les accompagnateurs qui font lien avec l'institution et sont les témoins de l'évolution de la personne prise en charge.
Dans un premier temps les séances sont individuelles, ainsi le thérapeute évalue le potentiel et les besoins de la personne mise en selle. Dans un deuxième temps, et si les objectifs visés le demandent, les séances peuvent se faire en groupe.
La durée d'une séance est en moyenne d'une heure. Elle peut se faire avec des poneys ou des chevaux, et certains points doivent être respectés : les séances doivent être régulières dans le temps (qu'elles soient hebdomadaires, bi-mensuelles ou mensuelles) ; il faut que la personne prenne possession du lieu, y crée des points de repères et s'y installe ; les intervenants doivent rester les mêmes.
Trois types d'exercices principaux sont utilisés au cours des séances :
- Le pansage (ou handling) : le corps du cheval est abordé dans sa globalité, et la personne peut alors régler les problèmes liés à son propre corps.
- La mise en selle (ou holding) : fait référence aux premières années de la vie par le phénomène de portage.
- L'allure permet au "patient" de prendre conscience des mouvements de son propre corps.
Au cours des séances, diverses activités peuvent être effectuées et sont dépendantes du type de handicap dont est atteinte la personne qui effectue la thérapie. D'abord l'hippothérapie, où le cavalier est passif et le cheval marche simplement au pas. Ensuite la thérapie équestre, où la progression équestre n'est pas un objectif, mais le but recherché vise le bien-être et des améliorations sur le plan physique, psychique et relationnel. Et finalement l'équitation adaptée où toutes les disciplines équestres sont pratiquées par des personnes handicapées, moteurs et mentaux (saut d'obstacle, dressage, voltige, attelage, ...).


Public visé

Les thérapies équestres peuvent être adaptées à différentes personnes, adultes ou enfants, et à des handicaps variés : handicaps moteurs, sensoriels, mentaux, inadaptation sociale ( toxicos, délinquants, caractériels, alcooliques, ...), personnes en difficulté d'adaptation, manque de confiance en soi...


Le cheval

Pourquoi le cheval ?

Le cheval est l'outil indispensable à l'equithérapeute, mais l'on peut se demander pourquoi cet animal joue un rôle si important dans ce type de thérapies.
Le cheval est avant tout un être vivant, qui bouge. C'est un être émotif avec lequel on ne peut faire n'importe quoi, pas comme un objet inerte. Il a des besoins dans lesquels nous pouvons nous retrouver, comme celui de la réassurance.
Le cheval exige aussi justice et compréhension et demande des efforts d'adaptation semblables à ceux que l'on peut faire dans la relation à l'autre humain.
Il favorise aussi l'imaginaire, le jeu créatif qui permet de se situer avec lui dans ce mouvement de va-et-vient entre le réel et le symbolique.
Il est aussi toujours authentique par rapport aux règles éthologiques qui régissent son comportement.
Il autorise les contacts corporels et est réceptif à tout ce qui est relation.
Avec un cheval, il est nécessaire de poser une demande claire pour obtenir un résultat perceptible.
Rien dans son regard ou dans son attitude ne laisse apparaître un rejet, un dégoût ou de l'incompréhension. Il accepte dans sa globalité, la personne qui présente un handicap à partir du moment où celle-ci est en capacité minimale de le respecter. Il ne fait aucune différence entre une personne handicapée ou valide.
Dans certains cas, la relation à l'autre peut être source de peur, ou d'angoisse quand l'attachement a été vécu dans l'abandon ou le déchirement. Le cheval reste un autre, mais un autre qui ne pourra pas abandonner ou trahir, un autre que l'on peut aimer et à qui on peut s'attacher sans crainte de le perdre. Il est toujours là. Il demande un investissement qu'il rend différemment, et comme il ne possède pas le langage verbal, on peut lui prêter des intentions, interpréter ses comportements, la plupart du temps positifs quand l'animal est traité correctement.
Finalement, le cheval a naturellement tendance à éveiller des sensations archaïques proches de celles que l'enfant a vécues avec sa mère dans les premiers mois de sa vie : le fait d'être porté, balancé, et la chaleur.


Les Apports :

L'équitation, ainsi que le contact avec les chevaux, favorise toutes les stimulations sensorielles et la coordination du corps, mais ce n'est pas tout. On pourrait distinguer ces apports en trois catégories.
Tout d'abord, les apports au niveau physique : le fait de monter à cheval permet de développer le tonus, mobilise les articulations du rachis et du bassin, facilite l'équilibre et la tenue du tronc, favorise l'acquisition de latérisation, améliore la perception du schéma corporel, permet de travailler la coordination ou la dissociation des mouvements, facilite la précision du geste, permet de mieux connaître les positions de son corps et de celui du cheval, permet l'association des membres supérieurs et inférieurs, et d'effectuer un travail de synchronisation.
Au niveau psychique, le cheval permet la concentration, apaise, développe la maîtrise de soi, la vigilance, l'attention, permet une prise de conscience de son existence et de développer une relation sans jugement.
Il y a aussi des apports importants concernant la socialisation. Tout d'abord la personne va communiquer pour pouvoir créer une relation de confiance avec l'animal, puis avec les autres, et facilite ainsi son intégration.

Quels Chevaux ?

Même s'il n'y a pas de race particulièrement adaptée ou inadaptée pour travailler en equithérapie, il faut que le cheval possède certaines qualités. Il doit être bien dans sa tête, peu craintif, respectueux, réceptif, attentif, généreux et réfléchi. Il faut aussi lui permettre d'évacuer les tensions, car les chevaux font souvent de gros efforts lorsqu'ils sont montés par des personnes handicapées. Il est aussi nécessaire de les monter régulièrement.


Les Limites

Le thérapeute peut se heurter à différentes limites. Tout d'abord les siennes : il n'est pas forcément en mesure de pouvoir aider et soulager tout le monde. Ensuite, les thérapies équestres ne conviennent pas à tout le monde. Et finalement, certains handicaps physiques sont impossibles à allier avec la pratique de l'équitation : dans ce cas, l'attelage peut être une alternative intéressante.

 
 
~L'Âme Errante~
Publié le : 08/11/2005

 

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