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Physique


Le temps est-il ramifié ou non ?

Je préfère être clair dès le début, mon article est purement spéculatif, en d'autres termes, mes réflexions n'ont strictement aucune crédibilité scientifique, il s'agit juste de prendre plaisir à laisser vagabonder ses pensées... J'espère pouvoir attirer d'autres passionnés de la philosophie, et pourquoi pas des gens plus calés en physique, qui pourront apporter des critiques plus objectives.


Il existe une seule et unique ligne de temps. Ce dogme largement répandu et encore utilisé au sein de la physique moderne n’est pratiquement pas remis en question. Bien sûr, de nouvelles découvertes (la relativité générale d’Einstein) ont démontré que l’idée d’un temps absolu et identique dans tous l’univers est désormais dépassé : le temps est souple, extensible, il n’existe aucun référentiel temporel. Néanmoins, le principe de départ reste inchangé, à savoir que le temps se déroule selon un chemin indivisible. Et pourtant... Pourtant, des raisonnements somme toute très simplistes peuvent venir perturber cette idéologie, voire à la déséquilibrer dangereusement : ces incohérences ont été nommées paradoxes temporels. Elles sont d’autant plus dérangeantes que les connaissances récentes en matière de cosmologie laissent à penser de plus en plus sérieusement qu’il est possible de voyager dans le temps (l’hypothèse des trous de vers par exemple, ces tunnels reliant 2 trous noirs, représenteraient un raccourci dans l’espace-temps permettant de parcourir le passé).

Un paradoxe très classique est celui de l’homme voyageant dans le passé et tuant accidentellement son ancêtre. C’est ce qui arrive au héros de Barjavel dans son roman Le voyageur imprudent. Dopé par l’expérience, ce dernier tente d’assassiner Napoléon Bonaparte et en vient à tirer par erreur sur son ascendant direct. Saint-Menoux (c’est son nom) disparaît donc, puisqu’il se retrouve dans l’impossibilité de naître. Mais comme il n’est pas né, il ne peut dès lors plus abattre son ancêtre. Donc il n’est pas mort. Donc il est vivant. Donc il est mort, etc.


Barjavel "résout" ce problème en prétendant que Saint-Menoux se retrouve dans un état stationnaire, à la fois "mort et vivant", à la manière de la coexistence d’événements opposés en physique quantique. Fort bien. Mais dans ce cas, il est loin d’être le seul dans son cas ! Tous ses ancêtres ayant vécu après sa victime subissent le même sort. Dans un souci de rigueur, on peut pousser le raisonnement encore plus loin : toutes les circonstances créées par les divers agissements du héros et de ses défunts aïeuls se retrouvent elles-mêmes dans un état bivalent, et avec elles les actions de toutes les personnes ayant trait à ces événements.

Avouons qu’à un tel niveau, la pastille semble difficile à avaler. D’autant plus qu’il n’est nul besoin de commettre un tel acte pour provoquer un paradoxe : une naissance par exemple est tributaire de tant de détails, de touches conjoncturels, allié à l’incommensurable hasard de la fécondation (des milliards de spermatozoïdes) qu’on est en droit de penser que nos descendants, après avoir mis au point une machine à voyager dans le temps, auraient inconsciemment déclenché un nombre incalculable de paradoxes.

Tant de tracasseries, alors qu’il est si simple d’imaginer une ligne de temps non plus directe mais ramifiée. Car en utilisant ce principe, Saint-Menoux peut mener une existence concrète même après le meurtre de son ancêtre : il ne fera que bifurquer de sa ligne de temps originelle, et repartira dans un "présent" où toute sa famille aura été "effacée" de la réalité, et où l’influence de sa propre personne aura disparu.
Naturellement, cette proposition implique une multitude, si ce n’est une infinité de mondes parallèles, difficilement envisageables donc, mais cette hypothèse paraît-elle réellement plus absurde que la conclusion précédente ?

Un autre argument peut venir étayer cette théorie : le choix. Le choix représente l’incroyable pouvoir de l’homme à agir sur la ligne de temps. Les partisans de la destinée sont à mon goût des personnes incapables d’appréhender cette formidable puissance, ou qui la craignent. Il est en effet bien plus simple de prétendre être enchaîné à son karma plutôt que de reconnaître avoir raté sa vie. Cette puissance, nous la ressentons vivement pourtant, au moment de réaliser un choix, on la nomme aussi "liberté", terme à l’incommensurable abstraction et servi à toutes les sauces. Pourquoi un choix ne pourrait-il pas se séparer en 2 séquences d’événements distinctes ? Et cette sensation de "déjà vu" qui nous anime quelquefois devant une situation pourtant nouvelle, ne serait-elle pas due à la fusion de 2 chemins temporels trop semblables pour se distinguer ?

Bien entendu, il est aisé aux sceptiques de contrecarrer cette hypothèse en prétendant qu’un choix est la résultante d’un enchaînement fini de relations de causes à effets : une suite d’idées logiques, l’influence du milieu extérieur, l’avis d’autrui... En d’autres termes, un voyage restreint dans le passé un instant avant l’orientation de ce choix ne remettrait pas en question sa direction, du moins pas sans l’ajout d’un événement perturbateur. Cette apparente liberté ne serait donc en fin de compte que le jouet d’une illusion.

Prenons un exemple simpliste pourtant : je me trouve face à une intersection. Je sais qu’il m’est possible de rentrer à bon port quel que soit le chemin emprunté. Je peux préférer un itinéraire plutôt qu’un autre, mais pour peu que j’en prenne conscience, ce paramètre "orienteur" disparaît. Rien ne saurait alors perturber la puissance de mon choix.
En extrapolant, ce sont les émotions, ou notre inconscient qui viennent troubler l’indépendance de nos choix, l’esprit non influencé par les caprices du corps serait alors doté d’une liberté absolue ! D’ailleurs réfléchissons : le simple fait d'avoir conscience d'un choix n'est-il pas une preuve éclatante de son existence ? Je peux parfaitement m’imaginer pas après pas le parcours de chacune des 2 routes.


D’une manière générale, peu de gens mettent en doute l’universalité du concept de causalité... Si ce n’est les physiciens : les découvertes dans le domaine quantique jettent en effet aux oubliettes ce dogme ancestral.

Prenons l’exemple de l’uranium. L’uranium est un composé radioactif car instable. Son noyau atomique, très riche en neutrons et protons, est mal équilibré et sujet à la fission. Statistiquement donc, dans une période de temps donné, chaque atome possède une certaine probabilité d’être désintégré. Mais, et c’est bien là la différence fondamentale lorsqu’on s’aventure dans le monde quantique, il n’existe strictement aucune manière de savoir quel atome se désintègrera à tel moment. Cette notion est difficilement appréhendable, car comprenons bien que cette désintégration n’est pas soumise à une quelconque relation de causalité, comme par exemple la plus grande fragilité d’un atome par rapport à un autre. Non, il s’agit d’un événement purement aléatoire, dépendant à 100% du plus immaculé des hasards, sans aucune influence extérieure. Le cœur de la matière est le seul, d’ailleurs, à jouir d’une "liberté" absolue car imperturbable, presque divine.
En ce sens, la répétition supposée d’un événement quantique en un point précis du temps (en retournant dans le passé afin de réassister à ce même événement) n’aboutirait donc pas forcément au même résultat, autrement dit, avant l’accomplissement de cet événement, les 2 états sont strictement superposés ; ce qui signifie... que la ligne du temps est ramifiée au niveau de ces 2 événements contraires (stabilité et désintégration du noyau).


Reprenons le concept d’un point de vue plus matérialiste ou scientifique : si ces sentiers contingents du temps existent bel et bien, il doit certainement se trouver un moyen de circuler de l’un à l’autre, et il est très probable que cet exploit nécessite une grande quantité d’énergie.

Nous savons, depuis Einstein, que l’énergie peut être convertie en masse et inversement, selon la célèbre formule E = mc2. Néanmoins, il ne s’agit pas d’un ridicule changement d’état : la masse n’est pas seulement de l’énergie, elle en renferme une quantité phénoménale, extraordinaire ; nos pauvres bombes H, qui n’en extrapolent qu’une infime partie, peuvent en comparaison être associées à du pipi de chat.
Mais si la masse possède la capacité de percer les parois de notre dimension, cette propriété doit forcément pouvoir se manifester d’une manière quelconque.

Revenons sur les principes de la physique quantique : comme on l’a précédemment imagé, elle stipule qu’une particule coexiste dans 2 états complètement opposés, son "spin" par exemple (son sens de rotation en quelques sortes) accepte 2 directions opposées, et ce au même instant. Pareillement, dans le cas d’un électron gravitant autour de son noyau, il est strictement impossible de connaître à la fois sa position exacte et sa vitesse, car il occupe toutes les positions en même temps avant l’observation : on parle de nuage électronique. L’observation est très importante en physique quantique, car c’est elle qui va obliger la particule à se choisir un état.

Si nous admettons que la masse est en mesure de former des "ponts" entre les différentes lignes de temps, cela signifie que les particules ont la capacité de migrer entre ces dimensions. Du point de vue atomique, 2 événements contraires peuvent donc facilement coexister puisqu’ils apparaissent simultanément à l’intérieur de ces 2 routes temporelles. A notre niveau cependant, la particule ne prendra qu’une seule et unique conformation, car nous sommes cloisonnés dans notre ligne de temps.

On est alors en droit de se demander pourquoi l’homme, également constitué d’atomes, ne pourrait pas lui aussi voyager d’une dimension à l’autre. C’est oublier que la matière est essentiellement constituée de vide. Pour se donner une idée de cette proportion, il faut assimiler le noyau atomique à une bille que l’on placerait au centre d’un terrain de football, les limites du stade correspondant à l’écartement de la première couche électronique. C’est un peu comme si on essayait de passer au travers d’un mur percé d’une multitude de têtes d’épingles. C’est évidemment impossible ; sauf si... sauf si la matière est suffisamment concentrée : les têtes d’épingles se rassemblent alors pour former un trou béat.


Einstein a encore une fois démontré qu’une forte masse dans l’univers avait pour propriété de déformer l’espace temps (notre soleil par exemple). En simplifiant, le plus court chemin reliant 2 points situés dans cet espace n’est désormais plus une droite mais une courbe. Cela implique l’apparition de dimensions nouvelles en plus des 3 composant notre univers dit "classique".
Et si leur présence résultait de la liaison entre notre ligne chronologique et d’autres branches temporelles divergentes ? La concentration de masse aurait en quelques sortes permit le mélange des différents monde parallèles, ce qui expliquerait la multiplicité des dimensions. Mais dans ce cas, elles ne seraient pas les seules à fusionner : chaque ligne temporelle originellement distinctes l’une de l’autre feraient de même (le temps est en effet considéré comme une quatrième dimension). Localement donc, le temps apparaîtrait comme "étiré", c’est-à-dire... ralenti. Et c’est effectivement une des principales doctrines non seulement dictée par la relativité générale mais surtout démontrée par l’expérience : la masse ainsi que la vitesse excessive d’un corps freinent l’écoulement du temps.

Petit rappel : pourquoi la vitesse est-elle synonyme de ralentissement temporel ? Pour mettre un corps en mouvement, il nous faut de l’énergie. Pour l’accélérer, il faut plus d’énergie. Mais à force d’accumuler cette énergie, nous obtenons... de la masse. L’objet devient plus lourd, et en conséquence l’énergie qu’il faut lui administrer pour le presser davantage devient plus importante. Et plus nous entassons l’énergie, plus nous créons de la masse, plus il devient difficile d’augmenter la vitesse du projectile. Nous pouvons continuer ainsi jusqu’à faire tendre cette masse vers une valeur infinie, et l’énergie nécessaire pour le faire avancer flirtant elle aussi avec cet infini. D’un point de vue mathématique, cela se traduit par une asymptote, qui correspond... à la vitesse de la lumière ! Seule cette dernière est capable d’atteindre l’asymptote, car le photon, sa particule élémentaire, possède une masse nulle. Une infime quantité d’énergie suffit donc à le porter à cette vitesse prodigieuse.


Faisons la synthèse de cette logique spéculative (et purement gratuite) à laquelle on a mêlé certaines lois physiques : le ralentissement du temps est proportionnel à la quantité de masse présente dans un certain volume. La vitesse, ou plus exactement l’accélération, créant de la masse, elle conduit elle aussi à un ralentissement temporel. Et plus nous nous approchons de la vitesse de la lumière, plus cette extension devient conséquente, jusqu’à stopper purement et simplement le temps lorsque nous atteignons l’asymptote ; en effet, à ce stade, la masse est "infinie", les passerelles entre les mondes parallèles deviendraient innombrables, et en conséquence les lignes de temps "s’ajouteraient".

Reprenons attentivement la lecture de cet essai, et nous en tirons la conclusion suivante : les effets de la gravitation et de la dualité événementielle en physique quantique ont une même origine, à savoir la liaison entre des lignes ramifiées du temps normalement distinctes... Nous venons tout simplement de rallier la physique quantique avec la relativité générale d’Einstein.

Plutôt que d’imaginer le temps comme une route ramifiée, il est aussi possible de lui attribuer plus d’une dimension, prenons en 3 au hasard (cela sous-entend un univers en 6 dimensions, mais je suis encore loin des 12 dimensions prédites par la théorie des cordes).
La matière, au niveau macroscopique, évoluerait donc dans "l’espace temporel" en suivant une ligne continue, qui correspond à l’enchaînement événementiel des causes à effets. Les particules quantiques, à l’inverse, se déplaceraient en adoptant une structure plane.
Quant à l’esprit, (ou la conscience, que l’on peut associer à une énergie d’une nature encore inconnue), il serait le seul capable d’évoluer librement dans cet "univers temporel", et ce, dans toutes les directions.

 
 
~ryuuzaki~
Publié le : 19/04/2010

 

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