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Prises de conscience


Autonomie du cerveau, ou la physique du rouage

Le cerveau est un organe au fonctionnement hypercomplexe. Comment le conceptualiser pour mieux le comprendre ?




La toute première chose à savoir, c'est la manière dont le cerveau se développe.
Schématiquement, le cerveau à la naissance (et même avant) est une feuille complètement blanche. Elle est remplie de matière grise, et toutes les possibilités lui sont offertes. Très facilement, nous serons capable d'apprendre, de sculpter cette matière grise. Une quantité inimaginable de choses pourra être facilement intégrée : une même chose apprise en deux jours par un enfant peut prendre plusieurs semaines pour un adulte.

Le début de l'évolution commence à l'adolescence. Les connexions neuronales vont commencer à devenir plus stables, moins flexibles. Mais les connexions ainsi stabilisées seront aussi plus efficaces. L'enjeu va réellement être à ce stade de l'évolution. Toutes les activités que l'on fera dans l'adolescence auront un impact sur le long terme dans notre cerveau. Pour bien l'expliquer, prenons l'individu Adam. Ce dernier a travaillé pendant toutes son adolescence le piano. Des connexions entre différents neurones se sont donc faites, se sont creusées, approfondies. La vitesse de l'information est donc beaucoup plus importante.
A l'âge adulte, le cerveau sera "spécialisé", au détriment de la flexibilité. Le cerveau adulte est donc hyper efficace, mais uniquement dans certains domaines. (Bien entendu, cela n'est pas irréversible. Par exemple, faire tout les jours des exercices simples, comme du calcul mental ou de la lecture, permet de conserver la polyvalence du cerveau).

Ceci n'est que la connaissance préalable à la suite. L'enjeu ici est de trouver un modèle physique, une image que l'on pourrait faire correspondre par analogie au fonctionnement du cerveau afin de mieux le comprendre.
En voici un. Il sera applicable à la plupart des fonctionnements de notre cerveau.

Nous pouvons tout d'abord séparer notre cerveau en deux. En premier lieu, la conscience. C'est le fait que l'on se rende compte de ce que nous sommes, et a fortiori de ce que nous faisons. La seconde partie, c'est l'inconscient. C'est tout ce qui n'est pas éclairé momentanément par la conscience. L'inconscient n'est pas fixe, c'est juste l'ombre de la conscience.

L'analogie utilisée sera celle du mécanisme d'une horloge et d'un horloger. L'horloger sera la conscience, le mécanisme le cerveau, le cadran de l'horloge notre corps, le contact avec la réalité. Imaginez le mécanisme comme gigantesque, avec des rouages plus ou moins gros, avec des connexions plus ou moins nombreuses sur l'ensemble. Des groupements sont présents, l'ensemble bouge en permanence bien que certaines pièces restent complètement immobiles.

Première réflexion, ce n'est pas l'horloger qui a construit l'horloge. Elle était déjà là avant lui. De surcroît, ce n'est pas tout à fait le seul à la toucher. En fait, en touchant les aiguilles, certaines personnes modifient tout. Beaucoup de choses ne dépendent pas de lui.
Le cerveau vient avant la conscience, ou du moins en même temps, et tout les stimuli extérieurs provoquent des réactions inconscientes dans le cerveau.

Seconde réflexion, il est évident que l'horloger ne peut pas se concentrer sur l'ensemble du mécanisme. La conscience a un niveau réduit par rapport à tout ce qui se passe dans le mécanisme. Cela lui permet plus d'efficacité, se concentrer sur un point unique lui fait gagner beaucoup de temps. Mais l'horloger peut-il avec efficacité se concentrer sur tout l'ensemble et toujours être capable de modifier les rouages avec efficacité ?
La conscience est en effet très limitée. Nous ne pouvons avoir toutes les connaissances de notre cerveau constamment en conscience. Cela nous rendrait fous. Mais la question demeure : peut-on aller contre ce blocage ? Cela serait-il vraiment utile ? Une marche arrière serait-elle possible ?

L'horloger peut modifier les rouages, c'est la troisième réflexion. Bien que beaucoup de choses ne viennent pas de lui, l'horloger peut utiliser ses outils afin de réorganiser le tout, de rajouter des rouages ou d'en retirer. Il peut aussi régulièrement faire tourner les rouages afin qu'il tourne mieux, ou afin de mieux cerner où est le problème.
Le cerveau peut avoir certaines réactions inconscientes vis-à-vis de l'extérieur. Ainsi, nos goûts et nos mœurs seront influencés par notre culture, notre manière d'être par notre société, etc. Mais, dans notre cerveau, rien n'est immuable, il suffit de réfléchir au sujet afin de construire son propre avis, en essayant de ne pas tenir compte de l'influence d'autrui. La réparation ou la modification apportée par l'horloger est en fait la métaphore d'une démarche intellectuelle consciente.

Autre réflexion, plus un rouage tourne, plus il est rodé, mieux il tourne. Cela peut se faire sous l'action de l'horloger, mais aussi à cause de la connexion avec d'autres rouages. Deux ensembles de rouages complètement distincts peuvent s'actionner mutuellement et de manière automatique. Autre chose : il seront aussi beaucoup plus sensibles. La moindre impulsion de l'horloger les fera tourner.

L'analogie ici est simple : plus on utilise notre cerveau dans certains domaines, plus son utilisation sera performante. Et cela marche pour toutes les fonctions du cerveau. Pour ce qui est du rapport entre les différents ensembles, cela se produit tout simplement lorsqu'un groupe de neurones crée une connexion avec une autre fonction du cerveau. Exemple : Adam voit un objet brusquement jaillir devant lui. Le cerveau va traiter l'information dans la zone appropriée, et par automatisme va l'envoyer à la zone contrôlant le corps, afin que celui-ci ferme les yeux pour les protéger. Certaines connexions entre neurones sont tellement performantes que cela en devient contre-performant. Parfois, un signal qui n'a rien à voir avec un mécanisme l'actionnera tout de même. Exemple : un clin d'œil en chaque fin de conversation peut devenir un tic nerveux par la suite. On peut aussi expliquer les TOC et beaucoup de folies comme cela, par l'existence de "routes" dans le cerveau qui ont été trop creusées.

Il reste néanmoins des parties du mécanisme inaccessibles pour l'horloger, et même incompréhensibles pour celui-ci. La première partie du mécanisme qui est incompréhensible pour l'horloger, c'est le moteur de l'horloge. Il ne l'a jamais trouvé, et ne peut agir dessus, l'horloge est condamnée à tourner. L'autre élément, celui-ci un peu simple, ce sont les cloches et tous les autres artifices musicaux qui sont accrochés au mécanisme de l'horloge. L'horloger ne peut toucher à ses cloches, ni les décrocher, ni faire quelque chose pour empêcher les connexions de se faire spontanément avec les cloches. La musique est parfois douce, parfois assourdissante. L'horloger dispose tout de même d'un stratagème bien à lui pour canaliser cette musique. Il crée certains mécanismes supplémentaires se liant avec les cloches, en espérant que de la musique agréable en sortira.
Ici, il est question du système limbique et reptilien de notre cerveau, les zones qui gèrent respectivement nos sentiments et les fonctions essentielles à notre survie (comme la respiration par exemple). On ne peut toucher à nos sentiments et à leur logique. Néanmoins, on peut avoir certaines réflexions, revisiter certains souvenirs afin d'influencer nos sentiments.

Mais le mécanisme le plus impressionnant est celui qui fabrique d'autres mécanismes, sans que l'horloger y touche, ou peut-être juste en le faisant tourner. Cela émerveille l'horloger.
Ici, il est juste question de l'imagination et de la création au sens large. C'est ce qui permet d'avoir des réflexions toujours nouvelles, et une grande capacité à comprendre autrui.

Le secret le plus important, c'est que les mécanismes, sans aucune influence, peuvent se mettre à réagir seuls. Ils peuvent eux-mêmes comprendre certaines choses, sans que l'horloger ne le voie. Mais pour se manifester, ils parlent un langage que l'horloger peut essayer de comprendre : il font de la musique avec les cloches.
Le cerveau est une formidable machine. Parfois il réfléchit tout seul, et il est assez rare qu'il nous fasse part directement de ses trouvailles. Il utilise les sentiments, afin de nous faire comprendre une chose que lui seul a compris (et peut-être que l'on n'aurait pas été capable de comprendre, la conscience est trop réduite pour voir l'ensemble parfois). On appellera cela l'intuition. Mais dans certains cas, les sentiments serons utilisés pour nous amener à une information concrète. Cela sera l'inspiration.


On peut déduire un milliard d'autres choses avec cette image. Mais je pense que c'est à vous de le faire.
Présentez vos idées, ainsi que d'autres images qui vous permettent de conceptualiser le cerveau.

En espérant que ce modèle vous sera aussi utile qu'il l'est pour moi.

(Source : Vieil article de Science et Vie pour le développement du cerveau.)

 
 
~Tao_master~
Publié le : 16/12/2008

 

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